J’ai décidé de tenter l’expérience : immortaliser le port depuis le sommet de cette grande roue, une perspective qui promet des clichés uniques. Huit euros l’accès, tout de même ! À ce prix-là, j’aurais presque attendu un tapis rouge et un verre de champagne à l’arrivée… Mais non, il faut se contenter d’une cabine exiguë, aux sièges durs et inconfortables, comme si l’on avait recyclé des bancs de cantine trop bas pour économiser sur le confort des visiteurs. Dès les premiers mètres, je me demande si le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Une fois en haut, c’est une autre paire de manches. La nacelle tangue légèrement et les barres de protections sont ici très propices à obtenir un cadrage idéal sans parler de l’effet du vent, tout semble gâcher la composition. Il faut jouer des coudes avec l’appareil, se contorsionner pour éviter les barres métalliques qui quadrillent la vue, et surtout, faire vite : le tour ne dure que quelques minutes.
Pas le temps de peaufiner les réglages ou d’attendre la lumière idéale. Les photos que j’avais imaginées, nettes et équilibrées, se transforment en une série de défis techniques : cadrage serré, contre-jour, et cette sensation de toujours manquer le bon angle.
Pourtant, malgré tout, il y a quelque chose de magique à dominer ainsi le paysage. Le port s’étale sous mes yeux, les bateaux semblent des jouets, et les cris des mouettes montent jusqu’à nous, étouffés par la hauteur. On oublie presque les inconvénients, emporté par l’excitation de capturer ces instants volés.
Mais une fois redescendu, en regardant les résultats sur l’écran de l’appareil, la désillusion est là : certaines images sont floues, d’autres mal exposées, et aucune ne rend vraiment justice à la beauté du lieu.
Alors, était-ce une bonne idée ? Peut-être pas pour la qualité des photos, mais assurément pour l’aventure. Après tout, une mauvaise photo reste un souvenir, et cette ascension aura au moins eu le mérite de me rappeler que la photographie, comme la vie, est aussi une question de patience, de chance… et parfois, de savoir rire de soi-même.
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