Cette année, le figuier a donné quelques fruits, timides et rares, comme s’il avait retenu ses forces face à la canicule implacable. Les figues, habituellement généreuses et dodues, se sont faites discrètes, accrochées aux branches comme des promesses à moitié tenues.
Leur peau, fine et légèrement craquelée par le soleil, laissait deviner une chair sucrée, mais en quantité bien moindre que les autres années.
Mon épouse en a récolté une poignée, juste assez pour remplir un petit panier d’osier. Elle en a fait de la confiture, comme elle le fait chaque automne, mais cette fois avec une parcimonie presque ritualisée. Le parfum de cuisson, mêlant le miel des figues et l’acidité des citrons, a envahi la cuisine, rappelant les étés plus cléments, ceux où les branches ployaient sous le poids des fruits et où les pots de confiture s’alignaient fièrement sur l’étagère.
Ces figues rares ont un goût particulier, celui de la résistance et de la patience. Elles évoquent aussi les étés de mon enfance, quand je grimpais dans les arbres pour cueillir les fruits les plus hauts, ou quand je les dégustais fraîches, encore tièdies par le soleil.
Aujourd’hui, elles me rappellent que la nature, même généreuse, a ses limites, et que chaque récolte, même modeste, est un cadeau à savourer.
Peut-être que l’année prochaine, le figuier se rattrapera. En attendant, il reste cette confiture, précieuse et parfumée, comme un écho des saisons passées et une promesse pour celles à venir.

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